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jeudi, 20 décembre 2007

Un poème de Gwen Garnier-Duguy

POLARIS VOX 
 
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Vous aurez beau secouer la cape de la nuit
Pour déraciner les étoiles
Beau démembrer le Corps du Monde
Beau profaner l'Univers
Vous n'obtiendrez que je n'habite
La Petite
Ourse
Vous n'empêcherez le chant des sphères.
Je suis votre Nord
Le Nord de la Terre
Un phare céleste.
A marcher sur la voie obscure
Le regard fixant mon soleil
Le regard gorgé de merveilles
Vous marchez sur la voie de l'Homme
Vos pieds renouent avec la Terre
Qui se reforme sous vos pas
Je suis votre Nord la mer intérieure
L'antique
Méditerranée amniotique
Qui coule encore bleue dans vos veines
Et oxygène
Les territoires ignorés
A l'œuvre sous la voûte-infini de vos crânes
Je suis votre Nord la Présence
Dans la boussole perdue de vos orbites
Dressant ma fureur créatrice
Contre tout ce qui attente à la vie
Enfoncez-vous dans la forêt
Vous y rencontrerez peut-être
L’Esprit qui porte le secret
Alors
A bras le corps
Il s’agirait d’embrasser son feu
Affrontez mes sentiers, mes à-pics
Avec pour arme de guerre
Votre insolent refus d’échec
Votre âme chargée d’explosifs
Au cas où le chant des sirènes
Tenterait de dévoyer vos vœux.
Par une volonté de bure
Votre chair serait d’or, de myrrhe
Et la soie de votre pensée
Se laisserait déchirer
Par vos ailes de papillon
Et si vous peuplez le cosmos
Au fil de votre aventure
Faites-y couler le Jourdain
Répandez le Tigre, l’Euphrate
Abreuvez les constellations
Des crues d’un Nil qui vous regarde
Mais n’oubliez pas que toujours
Même si vous peuplez l’Espace
Je demeurerai dans vos cœurs
La pulsation salvatrice
Je suis votre Nord l’insoumis
Votre Nord la révolution
Car je ne veux plus de ce monde
Je suis votre Nord l’oranger
Jardin suspendu à vos lèvres
Jardin suspendu d’espérance
Entre terreur et violence
J’ondule dans un feu montant
Je suis votre baiser de l’ange.
 
 
(Ce poème, écrit en 2002 pour la revue Sarrazine, a été récemment republié dans la revue Poésiedirecte).

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