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dimanche, 23 mai 2010

Transfiguration du cinématographe

 

par Daniel Facérias

 

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La Passion du Christ de Mel Gibson, 2004

 

 

« Avec l'œil de l'Esprit

Je vis le Paradis »

Ephrem de Nisibe, IVe siècle

 

Si l'ouïe précède la vision - « écoute et vois » [1] - c'est l'image qui imprègne le plus fortement l'âme. L'auteur du Nuage de l'Inconnaissance met en garde comme le fera par la suite Saint Jean de la Croix contre les images : « je te dis de rabattre ces pensées ingénieuses et subtiles » [2] qui obsèdent le mental et le détournent de l'essentiel.

Le cinéma qui met en mouvement l'image, qui lui donne vie, qui crée un univers, est un outil ambivalent : il peut transfigurer comme  défigurer. « Est-ce que le cinéma est un art ? », questionnait François Truffaut.

 

Considérations sur l'art

Si l'on considère que l'art est l'expression de ce qu'Origène appelle la Science de l'Être [3], l'art de l'image participe de cette réalité. Le monothéisme a toujours eu des difficultés avec l'art de l'image. Le Judaïsme et l'Islam ont tranché la question de la représentation imagée, à l'encontre du christianisme qui a développé le sens de l'icône et de la vision.

L'art, dans sa définition la plus haute, participe de l'Esprit, il est le support de son incarnation. En climat chrétien, cette définition est appliquée dans l'art de l'icône qui a pour prototype l'image de la Vierge Marie comme Theotokos, réceptacle du Verbe incarné.

Platon rapporte que Socrate définit l'art comme l'expression du tropos (la modalité, l'efficience) illuminé par le logos (le verbe, la causalité) : « Ce n'est pas en effet par art, mais par inspiration et suggestion divine que tous les grands poètes épiques composent tous ces beaux poèmes » [4].  En d'autres termes, Socrate donne à l'artiste une posture particulière, celle de rendre perceptible l'agathon [5], le tropos divin. Cette notion n'est pas sans rapport avec l'eudaïmon, le bonheur, dans le sens où le daïmon [6] préside à l'accomplissement de « l'épanoui », de l'œuvre pleine.

L'artiste n'interfère pas entre sa main et l'inspiration reçue, son ego est absent. Son être n'est qu'un réceptacle nécessaire à l'inspir divin. Cette considération structure la pensée de tout l'art chrétien.


L'art comme calligraphie du divin

L'artiste n'est que la main ou la voix de Dieu. Le premier des arts chez les Grecs était la  poésie en tant que calligraphie [7] de l'écriture divine. Dieu écrit les êtres, par son logos, il assemble ses eïdos [8] pour créer le cosmos qu'il agence suivant une grammaire particulière et une rhétorique ordonnée. La poésie est le souffle divin, elle est le véhicule de l'inspiration et toute la tradition de la poésie occidentale jusqu'à René Char a été traversée consciemment ou non par cette conception transcendante.

La poésie, la musique ou l'art plastique sont des arts qui touchent à cette grammaire de l'écrit divin. Les artistes ne font que transcrire et représenter, « le monde des sphères », l'émanation du divin, l'haleine du Souffle pour paraphraser le livre de la Sagesse [9].

C'est en vertu de cette conception, et nous revenons à la civilisation médiévale, que les artistes occidentaux se regroupaient en école, en académie, en confrérie afin d'effectuer ce travail qu'il ne faut pas avoir peur de qualifier d'ontologique.

L'artiste ne travaille pas la matière psychique ou émotionnelle, il est travaillé par l'Esprit qui le modèle et le configure au Verbe afin d'en être une sorte de hiéroglyphe, de stigma particulier. Ainsi, l'œuvre de Dante n'est pas une œuvre littéraire [10], elle est la révélation de cette respiration de l'Être dans le Souffle de l'Être. Et, même s'il est convenu de dire aujourd'hui que l'œuvre de Dante est un chef d'œuvre littéraire, nous dirons, nous, qu'il n'a rien à voir avec la littérature ni avec une quelconque classification de ce genre. La Divine Comédie n'est pas une œuvre d'auteur, elle est la trace d'une école, d'une organisation [11]. Elle est une mémoire constituée, le support de la transmission de quelque chose de plus important. L'esthétique de cette œuvre n'est que le nuancier de sa composition, comme l'est la musique des sphères maîtrisée par Orphée et les troubadours. L'art n'est pas la production d'un assortiment de sentiments et d'émotions en vue de toucher le cœur des « jeunes filles en fleur », il est le reflet de quelque chose de plus élevé, il est une participation au plan divin.

C'est pour cette raison qu'il existait, d'une certaine manière qu'il faudrait préciser, une forme d' « initiation » chez Cimabue [12] ou plus tard chez Guido di Pietro de Fisiole (Fra Angelico). L'on ne peut prétendre à cette hauteur de vue que si l'on se trouve dans une station spirituelle donnée [13].


L'épanoui

L'habileté de la main, de l'imaginaire, de l'oreille n'est rien si elle n'est pas ordonnée à la Sagesse : « Que Dieu me donne d'en parler à son gré et de concevoir des pensées dignes des dons reçus, parce qu'il est lui-même et le guide de la Sagesse et le directeur des sages ; nous sommes en effet dans sa main, et nous et nos paroles, et toute intelligence et tout savoir pratique. » [14] Il est clair que le constructeur du Temple de Jérusalem ne s'embarrasse pas de circonvolutions romantiques. L'art est une modalité de la Sagesse de Dieu et heureux celui qui la maîtrise. Cette maîtrise n'est pas le fait d'un savoir faire mais le résultat d'une connaissance au sens « d'une émanation toute pure de la gloire du Tout-Puissant » [15]. Ce travail de l'artiste à se recevoir de Dieu se traduit comme un reflet de la lumière éternelle, un miroir sans tache de l'activité de Dieu, une image de sa bonté.  L'artiste maîtrisé reçoit de la lumière éternelle sa capacité à ordonner des « étants », à participer à la science de l'être et des êtres, il est une métaphore de l'homme primordial capable de nommer les êtres [16], de les former et de les conformer. Il est par la motion divine capable de projeter le reflet de la lumière éternelle sur le miroir sans tache de l'activité de Dieu à laquelle il participe, formant ainsi une image de la bonté de Dieu que communément nous appelons la Beauté. L'art par sa fonction ontologique est une vision.

C'est pourquoi les monothéismes, à l'exception du christianisme, se défiant de l'image, sont iconoclastes ; et, dans cette perspective, le cinématographe donnerait une justification à leur défiance.


Le cinéma lanterne magique

 

« Les yeux, quand on ne les tourne pas vers ces objets

sur les couleurs desquels se répand la lumière du jour,

ont une vision affaiblie, mais quand on les tourne vers des objets

dont le soleil éclaire les couleurs, ils voient distinctement. »

Platon, La République, 508


Le cinéma est davantage l'enfant de l'industrie que du monastère ou des écoles d'enlumineurs. Il est à l'origine une technique de propagande et de manipulation émotionnelle [17]. Les frères Lumière furent effrayés par le procédé qu'ils venaient d'inventer, lorsqu'ils se rendirent compte que des personnes filmées étaient visibles après leur mort. Ce point de vue n'est pas naïf, il indique le pouvoir démiurgique de l'image fabriquée et non pas créée [18].

La vision donne à contempler l'essence ou les figures de l'essence. Elle procède de la contemplation, elle est un reflet du Réel. La vision n'est pas une illusion, elle est « création » de l'incréé comme le souligne Nicolas de Cues : « Tous les modes qui déploient sans mode  la perfection de la vision sont ta vision, c'est-à-dire ton essence (Dieu) si voir pour toi, c'est créer, et tu ne vois rien qui ne diffère de toi, car tu es voyant et visible et tu es aussi le voir. » [19]

Le cinéma dans son état actuel n'est pas cet art de la vision, mais plutôt celui de l'illusion. Les scrupules des frères Lumière ont fait place aux machineries de  Méliès à sa lanterne magique. Le cinéma ne donne pas de vision, il enferme dans l'illusion d'un monde virtuel, il détourne l'être de son Être. Il le rend oublieux de ce qu'il est. L'art traditionnel de l'image renvoie à l'incréé, à l'invisible source, et la donne à contempler. Le cinéma comme le magicien fourvoie l'être dans le labyrinthe.

Même si les scénaristes les plus fins revendiquent la poétique d'Aristote et s'en targuent, ils n'en prennent que la partie superficielle, l'écume afin de s'inspirer  de la technique de l'art de la tragédie qui parvient à conduire le spectateur à la catharsis. La catharsis antique mettait le spectateur en présence du transcendant et les personnages de la tragédie, en tant que héros-archétypes, purifiaient les émotions. Le cinéma actuel prend le spectateur en otage au terme d'un suspens émotionnel et l'enferme dans l'illusion totale. Il déclenche chez lui des flots de larmes, des angoisses, des sentiments amoureux, des émotions érotiques, de manière fantasmatique et sans prise directe avec le Réel.

Le principe scénaristique est très simple : un héros va du point a au point b parce qu'il désire de tout son être se rendre au point b. Le scénario consiste à dresser des obstacles de plus en plus grands pour éprouver émotionnellement le héros et de fait le spectateur. Ces obstacles devenant de plus en plus violents  poussent l'angoisse au paroxysme : le climax doit parvenir  à l'acmée, il faut donner sa jouissance au spectateur, sa rétribution, son pay-off ; le héros arrive au point b et le méchant qui a semé les embûches est réduit à néant.

Cette vision dualiste et simpliste fait du scénariste un démiurge. Il substitue son ego, ses problèmes, ses désirs, etc., à la science cognitive de Dieu, au souffle de l'Esprit. Il crée tout de l'alpha à l'oméga mais « à rebours ». Il crée son monde, son univers où il peut tuer les personnages à volonté, en jouir, les haïr, les aimer, etc... Il crée des êtres irréels à la psychologie factice, à la limite de l'infra humain. Il est un Dieu lui-même. Il tisse l'illusion, un voile obscur, en utilisant les instincts les plus bas du spectateur, inversant  les principes fondamentaux des universaux.


La Transfiguration

Les chrétiens orthodoxes, se référant à la Transfiguration du Christ devant Jean, Jacques et Pierre sur le mont Thabor,  considèrent que l'art est « thaborique ».  L'art donne à voir la transfiguration de la contingence et ouvre l'âme à la vision béatifique de son devenir. Le traitement à la feuille d'or des icônes illustre ce principe. Il s'agit de donner à voir, il s'agit de susciter la vision, qui est Vision de Dieu,  comme Nicolas de Cues le soulignait.

Le cinéma, par le trucage [20] ne transfigure pas le Réel  mais le défigure, en maintenant le spectateur sur une ligne abyssale. Si l'art de manière réaliste fait se confronter la contingence de l'homme à son essence,  le cinéma, lui, permet de prendre la fuite de manière « magique ». Par magie, il fabrique une image qui n'est pas le reflet de l'être. La culture chrétienne prend sa source dans le verset de la Genèse « l'homme créé à la ressemblance de Dieu ». Elle n'a de cesse dans toute sa production artistique de développer ce jeu de miroir où le reflet de l'un renvoie à l'Être de l'Autre. À l'inverse, le cinéma fabrique une image qui ne reflète rien, sans correspondance aucune avec l'Être qui est.

Le cinéma manifeste désespérément ce phantasme qui hante l'homme en qui Prométhée sommeille. L'Achille cinématographié, et non pas calligraphié, de La guerre de Troie n'est pas l'Achille de l'Iliade, il n'est pas le héros transcendant et mythique, il est le fantasme insatiable de l'impuissance de l'homme moderne coupé de ses racines et du Réel.


Pour un cinéma transfiguré

Dans ce contexte peut-il exister une manière artistique de faire du cinéma ? Le cinéma est-il un art ? Certes oui, si l'image redevient ce qu'elle doit être, le reflet de la lumière incréée. Le film L'Ile du réalisateur Pavel Lounguine  ou même La Passion de Mel Gibson tendraient à conforter cette possibilité. Dans ces deux cas la Vision précède l'image et elle nous renvoie directement à la source, parce que la Vision dit ce qui Est. L'émotion n'est pas détournée de son objet et une certaine forme de catharsis s'opère.

L'industrie du cinéma n'est pas prête à franchir ce pas. Les films susceptibles de s'ouvrir à cette perspective sont marginaux et rares.

Les conditions industrielles nécessaires à la réalisation d'un film ne favorisent pas l'épanouissement intérieur et spirituel des auteurs. Les coûts de fabrication sont tellement élevés que les producteurs n'envisagent la création que sous l'angle de la rentabilité commerciale immédiate.

Aujourd'hui, la possibilité de développer une transfiguration du cinématographe ne peut se faire que dans le cadre spécifique d'une démarche spirituelle consciente de la part des producteurs et des différents partenaires, comme ce fut le cas de La Passion de Mel Gibson.

L'outil dépend de ce que l'on en fait et le daïmon du cinéma peut devenir l'ange de la Grâce et de la Beauté, l'ange de la Transfiguration. C'est ce que nous pourrions appeler un contre-cinéma [21].


(Ce texte est paru initialement dans le n° 21 de la revue Contrelittérature)


NOTES :

[1] Règle de Saint Benoît et Psaume 44.2 « Écoute ma fille et vois ».

[2] Nuage de l'Inconnaissance IX,  traduits par D.M. Noetinger, moine de Solesmes, Maison Alfred Mame et fils, 1925, p. 97.

[3] Origène, Contra Celsum.

[4] Platon, Ion, (sur l'Iliade) traduction Emile Chambry, Garnier/Flammarion, Paris, 1967.

[5] Le bien. Megiston agaton, « souverain bien ».

[6] Daïmon est pris ici au sens antique de divinité qui préside au destin de chacun.

[7] Kallos, beauté. La Beauté est un attribut divin, il est un des noms de Dieu. Le terme hébreu Adonaï (nom divin) s'y rapporte d'un certain point de vue.

[8] Les formes intelligibles.

[9] Livre de la Sagesse de Salomon 7, 25. La Sagesse est un effluve de la puissance de Dieu. En hébreu hevel signifie haleine, traduit ici par effluve.

[10] Au sens moderne du terme.

[11] Ce terme doit être pris au sens médiéval. L'organisation est synonyme d'organisme, de corps.

[12] Cenni di Pepo dit (Giovanni) Cimabue (v. 1240 - v. 1302, Florence).

[13] L'expression, attribuée à Fra Angelico, « peindre les yeux fermés », en dit long sur cette question que nous avons du mal  à cerner. En effet, et l'œuvre de Dante le prouve, la théorie ou la doctrine qui accompagne la création artistique n'est pas conceptualisée, elle se découvre « spirituellement », elle relève du saisissement que les médiévaux appelaient le ravissement.

[14] Livre de La Sagesse de Salomon, 7, 15.

[15] Ibid. 7, 25.

[16] Genèse, 2.

[17] Il n'y a qu'à considérer le rôle des films pendant la seconde guerre mondiale et plus récemment le rôle de certains films pour justifier émotionnellement les engagements militaires des États-Unis.

[18] L'image en tant que reflet de la Vision éclaire l'âme  quand  « elle tourne l'œil de l'âme vers ce sur quoi l'Être et la Réalité versent leur lumière ». Platon, La République, 508.

[19] Nicolas de Cues, le Tableau ou la vision de Dieu, 12. éditions du Cerf, Paris 1986.

[20] Georges Méliès est l'inventeur du trucage, que l'on nomme aujourd'hui « effets spéciaux ». Il a travaillé avec le fameux illusionniste Robert Houdin dont il acheta le théâtre en 1888 pour y monter des spectacles de grande illusion.

[21] Les fondements de cette conception contrelittéraire du cinéma pourrait se trouver, selon nous, dans la théorie esthétique qu'Eisenstein a exposée dans des travaux encore très peu connus, notamment son manuscrit désigné comme La Méthode ou le Grundproblem (Le problème fondamental). Cf. Gérard Conio, Eisenstein : Le cinéma comme art total, Infolio, 2007. (ndlr)

 

 

Commentaires

Les règles de la dramaturgie, dénoncées ici comme manipulatrices, sont en fait communes à la plupart des romans, pièces de théâtre, contes, récits en général et même, dans une certaine mesure, aux oeuvres musicales. Pourquoi ?
Philippe Muray donne une piste intéressante : «On ne saurait bien voir les choses du monde qu'en les regardant à rebours » Telle est la formule de base de la grande esthétique, de la grande pensée catholique et de ses grandes oeuvres baroques. Il ne s'agit là pour Baltasar Gracian que de tirer les conséquences logiques du verset de saint Paul dans la Première Épitre aux Corinthiens : « A présent nous voyons seulement comme dans un miroir, en reflets obscurs, en énigme : alors nous verrons face à face. A présent je ne connais qu'imparfaitement : mais alors je connaîtrai d'une vision claire comme je suis moi-même connu. » C'est la source même du principe romanesque. Pas d'intrigue sans énigme, pas de surprise sans retournement de situation, pas de lecture sans attente de dévoilement de mystère, de réponse à une question. Pas de fiction sans enquête. Pas de roman sans Chute universelle qui met tout cul par-dessus tête pour que commence l'histoire de l 'humanité. La fiction sort du coup de théâtre du péché, de l'intuition d'une impureté, d'un malentendu de base. Chute-Rédemption-Jugement. Trois moments forts théologiques. Trois actés clés. Trois angles aigus dans la géométrie de la fiction. D'après Philippe Muray Désaccord parfait
Donc le cinéma ne fait que reproduire ce schéma général, avec la grande puissance de pénétration que lui donnent ses caractéristiques techniques. Ce peut être pour le meilleur ou pour le pire.
Le philosophe Jean-Luc Marion ( "Dieu sans l'être" ) distingue deux sortes d'images : l'idole, qui captive et emprisonne ( les trois quarts des films produits, hélas !), et l'icône, au sens large, image-symbole qui éveille, guide le regard et l'esprit vers une contemplation et un sens transmis par un créateur inspiré.
Pour cela, selon mon expérience personnelle, il faut que quatre éléments y soient présents et équilibrés :
- la structure dramatique ( le corps )
- l'émotion ( l'âme )
- le sens ( l'esprit )
- l'esthétique ( la synthèse harmonieuse des trois autres éléments )
Pour rester dans l'actualité, il me semble qu'un film comme Melancholia de Lars von Trier, répond parfaitement à ces critères.
Cela demanderait évidemment de plus longs développements...
Bien à vous
Marc Gautron

Écrit par : Marc Gautron | dimanche, 25 août 2013

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Merci cher Marc Gautron pour cette très instructive intervention. Votre référence à "Melancholia" de Lars von Trier est, à mes yeux, des plus perspicaces. Le mouvement (kiné) dépend de cette rupture avec l'état unitif que le premier christianisme grec, à la suite d'Origène, voit dans l'Akèdia, notion qui sera, à la Renaissance, assimilée à la Melancholia. Si l'art est un retour à la source, la Mélancolie en est l'essence, comme le montre la gravure de Dürer.

Écrit par : Alain Santacreu | dimanche, 08 septembre 2013

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