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Faux idéalisme : Edwy Plenel et l'islamo-gauchisme

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Le clair de l'un 

par Le Vieux Marin

 

  Ce qui est ici appelé « idéalisme véritable » est inspiré de Platon et du philosophe cartésien Nicolas Malebranche (1638-1715) : les Idées, intelligibles et divines, qui ont été le thème de la pensée de Platon ne sont pas créées par l’esprit humain, elles sont  appelées « divines » ou « vues en Dieu » (c’est-à-dire dans « l’Étendue intelligible » ou « monde spirituel ») et cette interaction produit dans l’esprit humain des « modèles mathématiques » ou « mathèmes » des Idées. Là se situe l’origine des mathématiques et le fait qu’il y a accord intersubjectif universel à leur propos, ainsi que leur efficacité en physique appelée « déraisonnable ». Le « faux idéalisme » ou « réalisme spirituel » consiste à remplacer ces modèles par des idées purement humaines, inventées par l’être humain sans aucun lien avec les Idées divines.

  Le thème de la dernière Revue des deux mondes porte sur "L’islamo-gauchisme : histoire d’une dérive". Dans un article intitulé  "Pleneliser", voici ce que Michel Onfray écrit sur Edwy Plenel :

  « Plenel est un réaliste au sens philosophique médiéval du terme, autrement dit quelqu’un qui croit à la réalité des idées plus qu’à la vérité des multiplicités. Il ne croit pas ce qu’il voit mais il voit ce qu’il croit. Et il y a peu entre le réaliste dans cette acception et l’idéologue pour lequel le réel n’a jamais lieu puisque l’idée fait la loi à sa place. Le musulman plenelien n’existe pas, sinon comme une allégorie, à l’aide de laquelle toutes ses variations idéologiques sont possibles ». 

  Onfray cite à ce propos le fameux mythème de « l’Autre », qui permet à Plenel et à ses semblables toutes les balivernes qu’ils appellent des « démonstrations ». Mais ils oublient ce faisant que la relation d’altérité est justement… une relation, c’est-à-dire que, si le musulman est un Autre pour le français (forcément raciste puisque français "de souche") alors le français est un Autre pour le musulman. Verdict du professeur Onfray :

  « Qui est l’Autre dont se gargarisent certains qui citent Emmanuel Levinas ? C’est toujours un Même fabriqué sur un moule semblable, dupliqué ad nauseam pour les besoins de la cause. L’Autre, c’est personne, juste une figure idéalisée, une notion, une idée platonicienne qu’on ne voit jamais parce qu’il n’existe que des multiplicités, des diversités, des altérités. Plenel écrit :  "Cet Autre qui dans nos sociétés a pris la figure du musulman." On ne peut mieux dire que cet Autre est un Même conçu comme un prototype permettant toutes les variations journalistiques et pamphlétaires possibles.»

  Le démontage par Onfray du mécanisme plénélien est excellent, mais il ne s’agit pas ici de platonisme, et l’on aurait tort, à mon avis, d’interpréter la pensée platonicienne comme un "réalisme des Idées" : la spiritualité pure de Platon, à laquelle Descartes fait retour selon Brunschvicg, est un idéalisme véritable, non un réalisme des Idées. Le plénélisme est lui une figure de ce  "faux idéalisme" qui fait banqueroute (sauf dans la presse gauchiste). Il faudrait forger un nouveau nom et je propose celui de dysthèmes pour ces logoi encore plus virulents et dangereux que les pires des mythèmes :

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  Le mythème de l’Un-Dieu, c’est-à-dire de ce que Marie Anne Cochet (« Commentaire sur la conversion spirituelle dans la philosophie de Léon Brunschvicg ») appelle « l’Un séparé » à l’oeuvre dans le verset 1 de la sourate 112 :

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  « Dis : "Dieu est l’Un" »

  Seulement l’Un n’est pas séparé de l’activité humaine d’unification à l’oeuvre dans la science et comme dit Brunschvicg à la fin du Progrès de la conscience dans la philosophie occidentale :

  « Il faudra donc conclure qu’en dehors de la présence de l’unité dans une conscience qui sait n’être radicalement extérieure à rien, il n’y a rien, non point parce qu’on a été incapable de rien trouver, mais parce qu’il n’y avait rien en effet à chercher. Conclusion négative, pour une théologie de la participation à l’être selon l’absolu imaginaire de la synthèse ; conclusion positive pour une philosophie de la participation à l’un selon le progrès continu de l’analyse ». 

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  La démarche de Plenel est de l’ordre de la croyance, non de la science, il ne voit pas les Idées "en Dieu", il ne voit que ce qu’il croit : il croit (s’il est sincère et ne vise pas simplement à la violence, au chaos et à l’esbroufe) à la vérité de ses idées perverses et confuses, les dysthèmes fondés sur « l’Autre ».

  Un dysthème n’est plus qu’un pur flatus vocis, du bruit fait avec la bouche, il n’y a plus aucune tentative de pensée et si l’on essaye de voir ce qu’il y a dedans on aboutit à l’absurde. Citons ainsi l’un de ces dysthèmes les plus grotesques, celui de la "discrimination" : puisque le mariage est permis pour les hommes avec les femmes, il doit l’être aussi pour les homosexuels, il faut faire cesser cette scandaleuse discrimination en autorisant le mariage entre deux hommes, ou deux femmes. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Si un "citoyen" désire épouser un cheval, comme cet ancien empereur Romain à l’époque de la décadence de Rome, pourquoi l’en empêcher et tolérer cette "discrimination" ? Parce qu’il n’y a pas (encore) d’associations militant pour les "droits" des zoophiles qui condamneraient avec force bruits médiatiques les "discriminations" dont ces malheureux sont victimes. Autre exemple de discrimination scandaleuse : la "PMA pour toutes !" Voilà un slogan honteusement discriminatoire, pourquoi pas la PMA pour tous ?

 D’une manière générale, les dysthèmes sont des « idées chrétiennes devenues folles » depuis que le gauche athée et révolutionnaire s’en est emparée... et, donc, l’islamo-gauchisme qui hait le christianisme autant que le judaïsme, religions des colons racistes, alors que l’islam est la religion des "damnés de la terre". Autre exemple de dysthème particulièrement pernicieux, la fameuse "tolérance" mise à toutes les sauces et qui fonctionne admirablement avec le dysthème de la discrimination : ainsi le burkini sur les plages, c’est de l’intolérance et une discrimination "islamophobe" intolérable notamment en France-pays-des-droits-de-l’homme ("Islamophobe" est un autre exemple de dysthème virulent à notre époque).

  Si Edwy Plenel et ses semblables étaient croyants, ils prétendraient que les dysthèmes sont les idées humaines modèles des Idées divines... façon ultime de tenter de mettre à bas l’idéalisme véritable au moyen du réalisme des idées confuses.

  Qu’est ce que l’idéalisme véritable ? Cela consiste à chercher les modèles des Idées divines dans les mathèmes, non dans les logoi, ou les mythèmes, ou les dysthèmes qui ne contiennent plus aucun effort tendu vers l’intelligible, vers l’intelligibilité, étant de simples bruits faits avec la bouche.

  C’est ici qu’il convient de se souvenir que : « Pas de monde intelligible sans un effort humain visant à comprendre. » 

  L’essor contemporain des dysthèmes est ainsi un attentat contre le plan internel, monde des Idées ou Étendue intelligible, une tentative de destruction de toute civilisation par la destruction du rapport de l’humanité à l’Esprit : 

  « L’alternative insoluble de l’optimisme et du pessimisme ne concernera jamais que le centre vital d’intérêt ; nous pouvons être et à bon droit inquiets en ce qui nous concerne de notre rapport à l’esprit, mais non inquiets de l’esprit lui même que ne sauraient affecter les défaillances et les échecs, les repentirs et les régressions d’un individu, ou d’une race, ou d’une planète. » (Léon Brunschvicg)